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Le Conservatoire du littoral célèbre lundi son 30ème anniversaire à son siège de Rochefort (Charente-Maritime) par un conseil d'administration extraordinaire qui doit être clôturé par Jacques Chirac. Le président de la République, qui sera accompagné de la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, assistera à cet anniversaire. M. Chirac "connaît bien les sites" du Conservatoire et avait déjà été l'hôte des cérémonies organisées pour le 20ème anniversaire en 1995, rappelle Bernard Gérard, un des deux directeurs-adjoints de l'établissement public. C'est lui qui a fait adopter la loi du 10 juillet 1975 portant création du "Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres" alors qu'il était Premier ministre, en vue d'endiguer le bétonnage des quelque 8.000 km de côtes françaises dont 5.500 km en métropole.
Le Conservatoire publiera lundi un Atlas présentant sa stratégie jusqu'en 2050 et une cartographie de ses propriétés actuelles et futures. "L'atlas montre ce qu'on a et ce qu'on voudrait de manière très précise", explique M. Gérard à l'AFP. "Il y a d'abord une cartographie générale", puis des cartes régionales "où on voit ce qu'on possède et ce qu'on souhaiterait acquérir en priorité". Depuis 1975, le Conservatoire a acquis en moyenne 2.500 hectares par an d'espaces fragiles qu'il a aménagés sur son propre budget (35 millions d'euros par an actuellement) et fait gérer par ses partenaires (collectivités locales, ONG, autres établissements publics et fondations appartenant à de grosses entreprises). Il possède aujourd'hui 700 sites naturels représentant 85.000 hectares, dont plus de 15.000 hectares Outremer, sur 860 km de côtes et une dizaine de lacs métropolitains de plus de 1.000 hectares chacun (lacs d'Annecy et du Bourget notamment dans les Alpes). Quelque 75.000 hectares ont été achetés et 10.000 hectares affectés au Conservatoire par les pouvoirs publics. A l'horizon 2050, l'établissement ambitionne de porter le total de ses acquisitions à 200.000 hectares en métropole et 70.000 hectares dans les quatre départements et deux collectivités d'Outremer (Mayotte et Saint-Pierre et Miquelon) où il peut intervenir. En se faisant affecter 30.000 hectares supplémentaires par l'Etat, il pourrait contrôler ainsi quelque 300.000 hectares, dont 30% des rivages métropolitains ("le tiers sauvage" . L'objectif avait été fixé initialement à 2030, lors du 20ème anniversaire en 1995. Il a été repoussé à 2050 l'an passé, compte-tenu de problèmes budgétaires récurrents et de l'envolée du foncier inconstructible (0,82 euro/m2 en 2004 contre 0,43 euro/m2 en 1997). Le Conservatoire reçoit de l'Etat les trois quarts de son budget, le reste provenant de l'Union européenne, des collectivités locales et de grandes fondations privées comme celles du pétrolier français Total et du conglomérat américain Procter and Gamble. Au gré des dotations du ministère de l'Ecologie, son ministère de tutelle, et de rallonges de fortune lors de collectifs budgétaires (6 millions d'euros en 2004 puisés dans la trésorerie des Agences de l'eau, 8 millions en 2005 arrachés à Bercy), ses moyens d'intervention ont évolué en dents de scie. Mesurés en euros constants, ils ont fondu de 33 millions d'euros en 1981 à 19 millions d'euros en 2004 et 2005. "En gros il nous faudrait chaque année 35 millions d'euros de l'Etat au lieu de 26", estime M. Gérard en incluant dans ces chiffres non seulement les crédits d'investissement mais aussi les frais de personnel. "Avec nos autres financements, notre budget augmenterait alors de 30% et nous permettrait d'atteindre notre objectif à long terme" source : linternaute.com Recommandez (79) | Pages vues: 1771
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